Tourcoing Jazz Festival 2018 : Hommages .. Jaco, Didier, Stéphane

(Affiche Axel Pérignon)

Ce jeudi, à l’heure de la sieste, se déroulait la présentation à la presse du Tourcoing Jazz Festival 2018. Nous y étions et impatients de découvrir le « menu » que nous ont concocté les organisateurs. Les spécialistes de la presse régionale et belge ont répondu présents, visiblement aussi gourmands que nous, et salivant de plaisir, en attendant le menu qui nous sera servi du 13 au 20 octobre 2018.

Sous l’œil attentif de Peter Maenhout, adjoint au Maire pour la culture, et autour de la Présidente de l’association culturelle tourquennoise, Eliane Coudyser, nous avons retrouvé l’équipe de choc: Patrick Dréhan, Yann Subts et Reno di Matteo pour le Tourcoing Jazz. Nous serions impardonnables de ne pas citer Hugues Rousé, le responsable du département  jazz du conservatoire de Tourcoing….. qui se désigne lui même comme un homme « heureux ».

 

Il est 14h00 (un peu en avance comme d’habitude), lorsque nous pénétrons dans le restaurant « Le Paradoxe » pour ce rendez-vous. Nous y retrouvons avec un grand plaisir, Sébastien Belloir, le chargé de communication et des relations avec la presse. C’est un peu comme un flash dans notre mémoire, qui nous renvoie à la dernière image de l’édition 2017, où nous nous étions retrouvés au Magic Mirror pour assister au concert de China Moses… Pendant quelques minutes, nous nous étions retrouvés pour ces derniers moments de l’édition avec Patrick Dréhan et Sébastien Belloir. C’était comme souvent, après un beau voyage, le 31ème, un moment de soulagement (car tout s’était formidablement bien déroulé) et mélancolique, car le voyage se terminait….. mais nous savions déjà que d’autres voyages se profileraient, et qu’une 32ème édition nous serait proposée.

 

 

 

Nous étions loin de nous imaginer que cette année serait marquée par la disparition d’un des piliers du jazz français: le violoniste Didier Lockwood. Pour beaucoup d’entre nous, cette disparition a été un grand choc, et les témoignages souvent bouleversants comme celui d’Anne Ducros. Celui de Patrick Dréhan, lors de cette présentation 2018, va nous rappeler combien la disparition de Didier Lockwood est immense pour le jazz. Patrick, la gorge nouée, reste marqué par la disparition de « son » ami. Il sera parfois au bord des larmes, tellement l’émotion est intense. C’est avec beaucoup de subtilité et de pudeur que  Yann Subts et Hugues Rousé reprendront la main sur cette présentation, le temps de laisser passer….. « un ange ».

 

 

Nous serons sur la 32ème édition du Festival de jazz, et le 20ème anniversaire du département jazz, qualifié d’entrée par Peter Maenhout de « rendez-vous culturel »….. Notre adjoint à la culture précisant :… « Les municipalités passent et le festival reste », comme pour rendre un hommage subtil aux organisateurs, à qui revient l’honneur de s’accrocher à ce projet incroyable. Car ce festival, qui peut rivaliser avec bien d’autres sur le plan international, est un rendez-vous de grande qualité. Ce n’est pas ici une opération commerciale, mais la conjonction d’un groupe de passionnés du jazz évidemment, mais pas seulement. Au fil des éditions, nous y retrouvons de multiples approches et de traits d’union entre le jazz, le blues, les musiques « satellites », la lecture..Et même cette année la chorégraphie. Quelle superbe fenêtre sur la culture, sur l’apprentissage, sur la découverte : Les organisateurs font un travail de recherche exceptionnel, pour un public conquis. 11000 spectateurs en 2017, et il est certain que 2018 poussera le curseur encore plus haut. Patrick Dréhan, Yann Subts et Reno di Matteo ne sont-ils pas de grands rêveurs… ?? Des rêves en couleurs ??? des rêves d’une grandeur immense ??? C’est d’ailleurs avec cette citation d’Oscar Wilde que nous avons été accueillis par Patrick : « Il est important d’avoir des rêves assez grands, pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit … » En tout cas, ce qui est certain, l’édition 2018 nous fera voyager et planer.

Cette édition se déroulera principalement autour de l’Institut du Monde Arabe, le Théâtre Raymond Devos, le Magic Mirrors ( dont la première implantation fut le TJF) la Maison Folie Hospice d’Havré… mais aussi au Colisée de Roubaix, à Lomme, dans l’extraordinaire Villa Cavrois à  Croix, avec le concert d’Airelle Besson et de Lionel Suarez, aux centres culturels de Lesquin, Mouscron (Belgique) et Gruson.

De grands rendez-vous avec de vibrants hommages à Didier Lockwood et à Jaco Pastorius, qui nous seront servis par le « Charlier et Sourisse Multiquarium Big Band » feat Biréli Lagrène. Nous retrouverons, à cette occasion, Biréli Lagrène à la basse. Faut-il rappeler que, le batteur belge André Charlier, et que Benoit Sourisse au clavier, ont accompagné Didier Lockwood par le passé? (13 Octobre à 20h00 – Raymond Devos).

La dernière apparition de Stéphane Grappelli en public avait eu lieu au Tourcoing Jazz, où il était venu déjà affaibli en fauteuil roulant. Depuis, le maitre s’est envolé lui aussi….un peu avant Didier Lockwood. C’est un peu leur âmes qui planeront au-dessus du concert  « Revisiting Grappelli » de Mathias Levy. Ce violoniste est passé par l’école Didier Lockwood, il sera accompagné par une formation plutôt acoustique ( basse, guitare), qui était la formule « favorite » de Stéphane Grappelli. (Mercredi 17 octobre, 18h30, Maison Folie).

 

( Vendredi 19 Octobre, 18h30 Maison Folie) – Le trompettiste italien, Flavo Boltro, qui a accompagné Michel Petrucciani, sera présent avec son trio, et nous fera voyager aux confins d’influences de la musique populaire russe et de la pop anglaise, sur des rythmes soutenus et emportés.

La nouvelle Orléans et son quartier français…. nid du jazz, du blues et du rock southtern…. nous y sommes allés, et avons été conquis par ce lieu mythique….. Alors comment ne pas être impatients à l’idée de retrouver, pour la Nuit « New-Orleans », Hugh Coltman (Jeudi 18 octobre – Raymond Devos). Hugh Coltman et sa voix impressionnante, qui est capable de s’adapter à tous les styles, et de vous emporter dans un tourbillon de sensations tellement contrastées, nous délivrera un répertoire de compositions très New-Orléans….. Nous vous l’avons dit : « Nuit New-Orleans »…. Il faudra aller jusqu’au bout de cette nuit (pourvu quelle soit sans fin) avec NOLA et ses 9 musiciens qui mêleront funk, hip-hop, inspiré des fanfares de la Nouvelle-Orléans….. Nous vous garantissons qu’il vous sera impossible de vous endormir cette nuit là.

(Mercredi 17 octobre, 20h00 – Raymond Devos) … Qui ne connait pas André Manoukian??  Impossible, un des musiciens les plus atypiques  et attachants, mais aussi journaliste français. Celui que vous avez envie d’avoir comme pote, a reçu les éloges de la presse pour son dernier album « Apatride » (une véritable merveille), nous ouvrira les portes de son univers entre France et Arménie.

Le TJF, c’est aussi l’occasion de faire des liens entre jazz, blues, musique dite « moderne »…. Les années précédentes, nous avions eu droit à Keziah Jones, Ben l’Oncle Soul….. et cette année ???? :

(vendredi 19 octobre, 20h00 – Raymond Devos) Charlie Winston, le Britannique, qui a fait danser le monde sur « Like a Hobo » en 2009, se produira cette fois-ci, avec une formule acoustique. Il est certain que sa voix chaude et très blues enchantera le public.

 

Comme nous l’avons écrit plus  haut, ce festival est une ouverture à une multitude de choses, de styles, d’expérimentations  : ( samedi 20 octobre à 23h00 MUBA) une entame sur votre nuit avec la lecture musicale, illustrée par Patrick Dréhan, du discours de Suède d’Albert Camus, entouré de Gérard Butcher et Hugues Rousé, à l’accompagnement musical. Michel Dhalenne se lancera dans une séquence d’illustration improvisée  pendant cette déclamation.

….. et les locaux de l’étape ? : Le propre d’un festival, en principe, est de faire découvrir, de lever des talents et de les encourager… Sur ce sujet, le TJF n’a jamais dérogé à ce principe, et s’honore en ouvrant ses portes « aux jeunes« . Nous retrouverons le Trio du pianiste boulonnais, Jérôme Lelard (Mercredi 17 octobre, 12h30 Magic Mirrors). C’est l’impressionnant batteur Thomas Gonzales qui a retenu toute notre attention. Ce musicien passionné, issu du département jazz du conservatoire de Tourcoing, a stupéfiait Yann Subst et  Patrick Dréhan, lors d’un concert auquel ils ont assisté. C’était pour eux impossible de passer à côté. Il vrai, qu’avec un jeu subtil et un style, Thomas Gonzalez est une valeur montante de la scène française….. (mais nous aurons l’occasion de vous en parler plus longuement). Thomas Gonzalez se produira le jeudi 18 octobre, 12h30 au Magic Mirrors.

Nous vous écrivions plus haut que la team organisatrice était composée de passionnés. C’est une réalité, la passion prime réellement sur l’aspect commercial. Leur volonté est de faire découvrir (et dans découvrir nous retrouvons ouvrir)…. ouvrir sur le jazz, sur la culture, donc sur le monde. A cette occasion, il est à souligner que les concerts du midi au Magic Mirrors sont gratuits.

Le clap de fin : …. car oui, il y aura un clap de fin, et comme toujours, ce sera  un véritable feu d’artifice

Le Samedi 20 octobre 2018, à 20h00, au Théâtre Raymond Devos, avec une nuit cubaine et le légendaire Chucho Valdes. Il sera sur scène avec son nouveau projet Jazz Bata, qui est une fusion de Cuba et de l’Afrique.

A l’heure où nous rédigeons le clap sur le Magic Mirrors, sa programmation n’est pas encore « bouclée »…. Il nous faudra encore attendre un peu pour savoir…

En attendant voici un petit résumé chronologique :

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