MILES DAVIS, FIGURE CENTRALE DU JAZZ ET DE LA MUSIQUE….

miles-davis

Miles Davis est né le 26 mai 1926 à Alton, Illinois, et décède le 28 septembre 1991 à Santa Monica en Californie.

Miles Davis, fils d’un chirurgien dentiste et d’une artiste ( violon/piano), commence la trompette à l’age de 10 ans, après qu’un ami de son père lui offre une trompette. En 1939, à 13 ans, il commence à prendre des cours avec Elwood Buchanan, autre ami de son père, professeur à la Lincoln High School, où Miles va étudier. C’est ce professeur qui  lui fait découvrir les particularités de la trompette jazz et qui l’aide à développer les fondements de son style . Il suit également des leçons avec Joseph Gustat, premier trompette et chef de pupitre de l’orchestre symphonique de Saint Louis. Il joue également dans l’orchestre de son école, dont il est le plus jeune élément.

Miles devient pro en 1942, après sa rencontre avec Clark Terry, figure du jazz local. Il fréquente les nombreux clubs de la ville, il commence à se faire une petite réputation locale, tout en continuant à étudier à la « High School ». Cette même année, à l’age de 16 ans, il rencontre Irène Birth, qui deviendra sa première petite amie, et avec laquelle il aura 3 enfants! C’est elle qui le défie d’appeler Eddie Randle pour se faire engager dans son orchestre de Rhythm and blues, les « blue Devils ». A la suite d’une audition, il est engagé comme trompettiste, mais se voit confier également de nombreuses corvées, acquérant ainsi une solide connaissance du métier. A cette époque, c’est l’occasion pour Miles d’écumer les nombreuses jam sessions  avec Clark Terry, Roy Eldrige, Benny Carter et Lester Young.

Grâce à l’aide financière de son père, qui l’a toujours soutenu, il s’inscrit en 1944 à la célèbre école de musique Julliard à New York. Mais son véritable but est ailleurs. Il fréquente le « Mintons », berceau légendaire du bebop, à la recherche de Parker et Gillepsie. Ayant atteint son but, il s’initie donc au bebop, style particulièrement complexe, de plus il fait la connaissance du pianiste Thelonious Monk.  En octobre 1945, il intègre le quintet de Charlie Parker, en tant que remplaçant de Dizzie Gillepsie. Le magazine « Esquire » le proclame nouvelle star de la trompette jazz. Le 8 mai 44, Miles compose et  enregistre sa première composition personnelle. Cette compo ‘Donna Lee » attire l’attention du célèbre arrangeur  Gil Evans.  A l’automne 1946, Parker est hospitalisé pour sept mois. Sans groupe, Miles joue notamment avec Charles Mingus, avant de rejoindre l’orchestre de Billy Eckstine. Au printemps 47, le groupe est dissous, et Miles sans travail. Après des années de résistance, il plonge dans la cocaïne et l’héroïne.

Célébré par les lecteurs de magazines jazz prestigieux dans leurs référendums annuels, participant à des enregistrements légendaires avec les musiciens les plus réputés du Bebop, Davis est pourtant en 1948,  un homme frustré, impatient de créer une musique qui lui soit propre.

À l’été 1948, Miles Davis, en collaboration avec l’arrangeur Gil Evans, rencontré plusieurs années auparavant, décide de mettre son projet à exécution en se détachant des principes du bebop pour participer à une nouvelle forme de jazz. Installé à New York, il fonde un nouveau groupe, intermédiaire entre le big band et les petites formations bebop, un nonette, où chaque section devra, dans l’esprit de ses créateurs, imiter l’un des registres de la voix humaine: la section rythmique comprend contrebasse, batterie et piano, tenu par l’ancien batteur de Charlie Parker, Max Roach. Pour les instruments à vent, on trouve en plus de la trompette de Davis et du saxophone de Gerry Mulligan, un trombone, un cor d’harmonie, un saxophone baryton et un tuba.

Le cool jazz est né, mais ce n’est pas une révolution immédiate : le nonette rapidement dissous, cette nouvelle musique mettra plusieurs années à s’imposer auprès des musiciens et du public.

En 1949, Miles Davis effectue son premier voyage à l’étranger pour participer, le 8 mai, au Festival international de jazz à Paris, salle Pleyel.Pour le trompettiste, c’est une véritable révélation. La France est en effet à l’époque un pays beaucoup moins raciste que les Etats-Unis, surtout dans le milieu qu’il fréquente à Paris. Il a pour la première fois la sensation, comme il le dira dans son autobiographie « d’être traité comme un être humain ». Amoureux de Juliette Gréco, il hésite à l’épouser, ce qui serait tout simplement impensable dans son pays natal (à l’époque, les unions « mixtes » entre Noirs et Blancs sont encore tout simplement illégales dans de nombreux États américains). Ne voulant pas lui imposer une vie aux États-Unis en tant qu’épouse d’un Noir américain, et elle ne voulant pas abandonner sa carrière en France, il renonce et rentre à New York à la fin mai.

Après une difficile lutte contre son addiction à l’héroïne, dans la ferme de son père, il émerge en février 1954 et réunit un nouveau sextet qui compte notamment le batteur Kenny Clarke et le pianiste Horace Silver. Ensemble, ils posent les bases d’un nouveau style, qui deviendra après le Bebop et le Cool la « troisième vague » du Jazz moderne : le hard Bop. Réaction contre le cool jazz qu’il a lui-même lancé, ce nouveau style plus énergique (sans atteindre les sommets du Bebop) est également plus simple harmoniquement que le Bebop. Il est notamment influencé par le Rhythm and blues mais aussi par une nouveauté technologique, le disque 33 tours, qui permet des morceaux beaucoup plus longs et développés. Plusieurs morceaux fondateurs du hard bop verront le jour sur l’album Walkin’: en particulier Walkin’ le titre éponyme, mais aussi Airegin (anagramme de Nigéria), Oléo et Doxy composés par Rollins sur l’album Bag’s Groove. La même année sort sur ce nouveau format l’album Birth of the Cool, compilation des morceaux enregistrés par le nonette pionnier du cool jazz. Devenant dans l’esprit des auditeurs et des critiques un jalon dans l’histoire du jazz moderne, le disque donne un sérieux coup de pouce à la carrière renaissante de Miles. À Noel, il réalise avec Thelonious Monk, Kenny Clarke, Percy Heath et Horace Silver une séance considérée comme essentielle pour le développement de son style propre.

1954 est l’année charnière de Miles Davis qui aura transformé un bon trompettiste en un jazzman de génie, passé maître dans l’art du solo, aux répertoires élargis et ayant son champ de sonorités désormais défini : un son résonnant de la trompette ouverte et un timbre assourdi, introspectif de la sourdine.

En 1955, quelques mois après la mort de Charlie Parker, Miles Davis fonde le groupe considéré depuis comme son « premier grand quintet ».Engagé par Columbia Records, à l’époque la plus importante maison de disques des Etats-Unis, Miles Davis bénéficie d’un effort de publicité hors du commun dans le Jazz, effort dont son ancien label Prestige Records profite pour enregistrer cinq albums. Miles Davis devait satisfaire ses obligations contractuelles envers Prestige.

À la fin des années 50, Miles Davis continue son évolution musicale, se nourrissant de plusieurs engagements parallèles à sa carrière de leader de groupe : une participation fin 1956 au projet de la Jazz and Classical Music Society de Gunther Schuller, visant à réunir jazz et musique classique en un « troisième courant » (Third Stream) et la composition de la bande originale du film  Ascenseur pour l’Echafaud de Louis Malle en 1957.

En 1959, Miles Davis signe son chef-d’œuvre avec Kind of blue, un album improvisé autour de trames qu’il a composées. Ce dernier est considéré comme le chef-d’œuvre du jazz modal et l’un des meilleurs — et des plus populaires — disques de jazz jamais enregistrés. Jimmy Cobb disait que ce disque « avait dû être composé au paradis ».

C’est en septembre 1964 que le saxophoniste, compositeur et arrangeur Wayne Shorter, rejoint le groupe. Miles trouve enfin le saxophoniste qui va mener sa musique vers de nouveaux sommets. Il va plus tard déclarer, dans Miles : L’autobiographie : « Avoir Wayne me comblait parce que je savais qu’avec lui, on allait faire de la grande musique. C’est ce qui est arrivé, très vite. » Shorter prend ainsi rapidement le rôle principal dans l’élaboration de la musique du quintet. Herbie Hancock  a expliqué cette transformation : « Dans le quintet, à partir du moment où Wayne Shorter est arrivé, on s’est consacré à un travail de couleurs, aux accords substitués, aux phrasés et surtout à l’utilisation de l’espace, c’est-à-dire au placement des notes que l’on jouait par rapport à ce que jouaient les autres musiciens du quintet. »

En octobre 1966, le groupe enregistre ce que beaucoup considèrent comme son chef-d’œuvre : l’album Miles Smiles.

En 1973, son groupe se stabilise autour de la formation suivante : Dave Liebman au saxophone et à la flûte, Reggie Lucas et Pete Cosey aux guitares, Michael Henderson à la basse, Al Foster à la batterie et James Mtume Foreman aux percussions. Reggie Lucas se charge des parties rythmiques alors que Pete Cosey, dont le jeu est très influencé par celui de Jimi Hendrix, joue la majorité des soli (il joue aussi des percussions). Le septet se produit au Japon en juin, puis le 8 juillet 1973, il joue pour la première fois sur la scène du Montreux Jazz Festival. Miles Davis se produit ensuite en France (Paris et Bordeaux), en Suède, en Allemagne et en Autriche. Les concerts des 20 juin (Tokyo), 8 juillet (Montreux), 27 octobre (Stockholm) et 3 novembre (Vienne) seront filmés professionnellement : ils constituent les derniers témoignages vidéo du groupe de Miles avant sa retraite.

Le 30 mars 1974, Miles joue sur la scène du Carnegie Hall de New York. Le surprenant guitariste Hendrixien Dominique Gaumont et le saxophoniste Azar Lawrence sont invités lors de ce concert : l’album s’appellera Dark Magus

Le 1er février 1975, Miles Davis donne deux concerts à Tokyo, qui paraîtront sous la forme de deux doubles albums : Agharta (concert de l’après-midi) et Pangaea (concert de la soirée). Ces deux disques sont la parfaite conclusion de cette période créatrice très riche. En 1975, Miles Davis quitte la scène pour des motifs de santé.

Au cours des années 1980, il enregistre des albums de jazz fusion très funk avec des groupes qui, selon sa bonne habitude, sont formés de jeunes musiciens inconnus qui feront carrière : Marcus Miller, John Scofield, Darryl Jones, Mike Stern, Mino Cinelu, etc. À partir de ce moment, Miles Davis sera aussi un « initiateur », un « passeur » qui permettra à de nombreux amateurs de musique plus « rock » de découvrir la beauté d’un silence, d’une respiration au sein d’une harmonie gorgée d’émotions et d’énergie. Grâce à lui, le jazz, terme qu’il trouvait de plus en plus restrictif, pouvait toucher un public plus large et continuer ainsi à se renouveler.

Le double album Live We want Miles, publié en 1982, présente le nouveau groupe de scène de Miles Davis. Le premier titre, Jean-Pierre deviendra un véritable classique au fil des ans. Cet album reçoit un grand succès, couronné par un Grammy Award en 1983. L’album Star People, publié l’année suivante, est un album improvisé en studio et dédié au funk et au blues.

En 1986, Miles Davis quitte Colombia Records pour la Warner et publie Tutu, un album qui rencontre un succès public très important. Aucune composition du trompettiste ne figure pourtant sur le disque : n’ayant pas obtenu les droits de ses propres compositions avec ce nouveau contrat, Miles Davis refuse d’enregistrer son propre matériel et a recours notamment aux services de Marcus Miller, dont le style imprègne Tutu, mais aussi l’album suivant, Amandla, publié en 1989.

Le génie de Miles Davis peut se résumer en trois points : un son original dans un environnement très structuré, une conception évolutive de la musique dans des directions déterminées et une capacité à s’entourer à cette fin de musiciens dont il savait tirer le meilleur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *